L'Italie s'apprête à approuver un cadre juridique pour l'énergie nucléaire avancée, ouvrant la voie aux petits réacteurs modulaires
Le Parlement italien devrait approuver la semaine prochaine un projet de loi établissant un cadre juridique pour les technologies nucléaires avancées, couvrant notamment les petits réacteurs modulaires (PRM) et d'autres solutions nucléaires de nouvelle génération. Si ce projet de loi est adopté, il autorisera le gouvernement à définir, dans un délai d'un an, des règles spécifiques concernant les licences des réacteurs, la sûreté réglementaire, la gestion des déchets radioactifs et la sélection des sites.

Le ministre italien de l'Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto·Pichetto·Fratin (Gilberto Pichetto Fratin), a déclaré que la responsabilité actuelle du gouvernement est de créer les conditions nécessaires pour que les entités chargées à l'avenir des décisions de construction puissent avancer conformément à la loi.
En juin dernier, la Chambre des députés italienne (Chamber of Deputies) a déjà adopté ce projet de loi avec 155 voix pour, 86 voix contre et 8 abstentions. Le projet de loi ne signifie pas en soi une reprise immédiate de la production d'électricité nucléaire en Italie, mais il lancera la mise en place du cadre réglementaire, créant les conditions d'une réintroduction du nucléaire dans la première moitié de la prochaine décennie. Actuellement, le projet de loi a été soumis au Sénat pour une deuxième lecture, et son approbation est attendue prochainement.
Le gouvernement dirigé par la Première ministre italienne Giorgia·Meloni (Giorgia Meloni) considère que le développement de l'énergie nucléaire avancée est une mesure visant à renforcer l'autonomie énergétique, à stabiliser les prix de l'énergie et à accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'actuelle priorité du gouvernement n'est pas de relancer les grandes centrales nucléaires traditionnelles, mais de se tourner vers les petits réacteurs modulaires et d'autres technologies nucléaires avancées. Les partisans estiment que ces technologies répondent mieux aux besoins du système énergétique actuel en matière de sûreté, de délais de construction et de flexibilité d'exploitation.
L'Italie a été l'un des premiers pays d'Europe à développer l'énergie nucléaire. Les quatre centrales nucléaires commerciales de Caorso, Enrico·Fermi, Garigliano et Latina ont contribué ensemble à près de 5 % de l'électricité du pays entre 1986 et 1987. Après l'accident de Tchernobyl en 1987, l'Italie a progressivement abandonné le nucléaire à la suite d'un référendum national, et a fermé ses deux dernières centrales nucléaires commerciales, Caorso et Enrico·Fermi, en juillet 1990.
Par la suite, l'Italie a tenté de relancer le développement nucléaire, mais ces projets ont été suspendus après l'accident de Fukushima au Japon en 2011. Ces dernières années, les pressions sur la sécurité énergétique et la croissance de la demande d'électricité ont conduit l'Italie à réévaluer sa politique nucléaire. Pichetto·Fratin a indiqué que, si le calendrier réaliste est respecté, les premiers réacteurs de nouvelle génération pourraient être mis en service entre 2033 et 2035.
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