L'ANSTO australien développe une nouvelle solution de conditionnement des déchets radioactifs contenant des sulfates

L'Organisation australienne des sciences et technologies nucléaires (ANSTO) a annoncé le 31 juillet 2026 que ses chercheurs ont développé un nouveau matériau de traitement des déchets destiné à immobiliser les déchets radioactifs contenant des sulfates, offrant ainsi une solution potentielle aux difficultés techniques de gestion à long terme de ces déchets et fournissant une voie de référence pour le traitement de déchets radioactifs similaires à l'échelle internationale.

Les résultats de cette recherche ont été publiés dans le Journal of the European Ceramic Society. L'étude démontre pour la première fois l'application de la technologie de pressage isostatique à chaud (HIP) à la consolidation de formes de conditionnement en verre-céramique spécialement conçues pour les déchets nucléaires riches en sulfates. Cette recherche découle du besoin de traiter les déchets générés par la production de radio-isotopes médicaux à l'ANSTO, parmi lesquels le traitement et le conditionnement des déchets liquides contenant des sulfates ont toujours présenté des défis considérables.

Selon les informations fournies, les déchets radioactifs riches en sulfates ne sont pas propres à l'Australie ; plusieurs étapes du cycle du combustible nucléaire, les activités d'assainissement des installations nucléaires ainsi que le traitement des déchets radioactifs hérités peuvent également générer des déchets similaires. Cette recherche revêt donc une importance pratique pour les programmes internationaux de gestion des déchets radioactifs au sens large.

Le composite verre-céramique développé par l'équipe de recherche permet d'incorporer les sulfates dans des phases cristallines durables dispersées dans une matrice vitreuse. Les résultats expérimentaux montrent que ce matériau présente une bonne durabilité chimique et peut former une structure monolithique dense à faible porosité, adaptée au conditionnement des déchets à long terme. L'un des résultats clés de l'étude est que les sulfates sont efficacement retenus pendant le traitement, évitant ainsi les problèmes généralement associés à la volatilisation du soufre et à la production de gaz résiduaires.

Des analyses complémentaires ont également montré que l'interaction entre la forme de déchet conditionnée et le conteneur en acier inoxydable est minime, sans preuve d'effets néfastes sur les performances de la forme de déchet ou sur l'intégrité du conteneur. Cette recherche a été dirigée par le Dr Rifat Farzana et le Dr Daniel Gregg, avec une contribution majeure de l'équipe ANSTO Synroc et la collaboration de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud.

L'ANSTO a indiqué que cette technologie s'appuie sur sa technologie ANSTO SYNROC® et sur des décennies d'expérience dans le conditionnement des déchets radioactifs. Les résultats de l'étude montrent que cette solution pourrait offrir une voie viable pour la gestion à long terme des déchets radioactifs contenant des sulfates, tout en soutenant les missions de production de radio-pharmaceutiques de l'ANSTO et en fournissant une solution potentielle à des problèmes similaires dans la gestion internationale des déchets.

L'ANSTO a également indiqué que les travaux futurs porteront sur l'optimisation, la mise à l'échelle et l'intégration technique afin de faire passer cette technologie de la recherche conceptuelle à une capacité de traitement des déchets déployable. Actuellement, l'ANSTO procède à la mise en service de sa première usine de traitement des déchets Synroc destinée au traitement des liquides de niveau intermédiaire contenant du 99Mo.

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