La hausse de la température de la mer impose de nouvelles normes de sûreté nucléaire : TEPCO établit des critères d'arrêt temporaire pour la centrale de Kashiwazaki-Kariwa

Tokyo Electric Power Company Holdings a annoncé le 7 août avoir établi un ensemble de critères d'appréciation autonomes pour évaluer l'opportunité d'arrêter temporairement le fonctionnement des réacteurs nucléaires, face à l'élévation de la température de l'eau de mer autour de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dans la préfecture de Niigata. Ces critères ne constituent pas une exigence réglementaire directement imposée par les autorités de contrôle externes, mais une mesure proactive adoptée par TEPCO sur la base des besoins de sûreté d'exploitation.

Selon les conditions publiées par TEPCO, lorsque la température moyenne de l'eau de mer sur 7 jours dans les eaux environnant la centrale dépasse 31 degrés Celsius, ou lorsqu'une température de l'eau supérieure à 34 degrés Celsius est observée, ou encore lorsqu'une température de l'eau supérieure à 33 degrés Celsius persiste pendant 12 heures, TEPCO envisagera l'arrêt temporaire des installations nucléaires concernées. Ces seuils chiffrés montrent que la température de l'eau de mer a été intégrée comme variable importante dans la gestion des risques d'exploitation des centrales nucléaires.

TEPCO a expliqué qu'en cas d'accident grave, la centrale pourrait devoir activer des équipements tels que des générateurs diesel de secours, qui dépendent de l'eau de mer pour leur refroidissement. Si la température de l'eau de mer est trop élevée, l'efficacité du refroidissement pourrait diminuer, affectant ainsi les performances des équipements. En d'autres termes, l'eau de mer ne fait pas seulement partie de l'environnement d'exploitation quotidien de la centrale nucléaire, elle est également essentielle à la stabilité du fonctionnement des systèmes de réponse aux accidents.

Le rapport mentionne que le 7 août, la température de l'eau de mer locale était de 28 degrés Celsius, et TEPCO a indiqué que la température de l'eau cet été était supérieure à la moyenne des années précédentes. Historiquement, en septembre 2010, la température moyenne de l'eau de mer sur 7 jours avait dépassé 31 degrés Celsius, ce qui montre que ce risque n'est pas purement hypothétique mais a déjà un précédent dans les conditions climatiques passées.

Cette mesure reflète le fait que, dans un contexte de réchauffement des océans à l'échelle mondiale, l'évaluation de la sûreté des centrales nucléaires est confrontée à de nouvelles pressions climatiques. Par le passé, les discussions sur les risques nucléaires se concentraient principalement sur les séismes, les tsunamis, le vieillissement des équipements et les problèmes de gestion humaine ; désormais, l'impact de l'eau de mer à haute température sur les systèmes de refroidissement devient également un facteur que les exploitants doivent anticiper à l'avance. En tant qu'installation nucléaire importante du Japon, l'ajustement des critères d'exploitation de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa pourrait également servir de référence pour d'autres centrales nucléaires côtières.

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