La Corée du Sud fixe un objectif de commercialisation des petits réacteurs modulaires d'ici 2035

Le ministère sud-coréen des Sciences et des TIC (MSIT) a dévoilé le 12 août le plan de promotion des « sept moteurs de croissance future SEED », classant les petits réacteurs modulaires, la fusion nucléaire et les énergies renouvelables de nouvelle génération parmi les axes prioritaires du secteur de l'énergie propre. Les contenus liés au nucléaire se concentrent principalement sur la commercialisation des petits réacteurs modulaires, la recherche et le développement de réacteurs non à eau légère, la sécurisation de l'approvisionnement en combustible nucléaire et la production d'électricité de démonstration par fusion.

Selon ce plan, la Corée du Sud mènera des travaux de R&D sur les petits réacteurs modulaires à eau légère, avec pour objectif une commercialisation d'ici 2035 dans le comté de Gijang à Busan. Le petit réacteur modulaire innovant (i-SMR) fera l'objet d'une conception détaillée à partir de l'année prochaine dans le cadre d'un partenariat public-privé, et le pays accélérera la préparation de la construction de démonstration en s'appuyant sur de grandes installations d'essai, l'exploitation intégrée et les jumeaux numériques.

En ce qui concerne les petits réacteurs modulaires non à eau légère, la Corée du Sud prévoit de lancer leur construction dans les années 2030. La R&D et la commercialisation associées feront appel dès les premières phases du projet à une participation conjointe des capitaux publics et privés, et les travaux de recherche, de développement et de commercialisation à grande échelle seront menés par l'intermédiaire de sociétés à objet spécifique (SPC).

Le gouvernement sud-coréen a également proposé d'accélérer la modernisation du cadre réglementaire nucléaire. D'ici 2030, la Corée du Sud prévoit d'établir un système d'autorisation technologiquement neutre et axé sur la performance, adapté aux différentes utilisations et conceptions des petits et micro-réacteurs modulaires, et de réduire l'incertitude réglementaire dans le déroulement des projets grâce à un système d'examen préalable et à des groupes d'étude réglementaires. Le gouvernement mettra également en place un groupe de travail interministériel chargé d'examiner et d'améliorer les réglementations entravant l'application des petits réacteurs modulaires, afin de promouvoir leur utilisation comme source d'électricité et de chaleur dans des scénarios tels que les parcs industriels, le milieu marin, la défense et l'aérospatiale.

Dans le domaine du combustible nucléaire, la Corée du Sud propose d'établir des partenariats avec les États-Unis et d'autres pays pour faire face à l'incertitude de l'approvisionnement en uranium enrichi. Parallèlement, la Corée du Sud prévoit également de construire un système de garantie du combustible nucléaire plus autonome, incluant notamment des orientations telles que le recyclage du combustible nucléaire usé.

La fusion nucléaire est également l'un des axes majeurs de ce plan d'énergie propre. La Corée du Sud prévoit de raccourcir le cycle de R&D grâce à la construction d'un réacteur de fusion virtuel à intelligence artificielle, et de construire d'ici 2035 un réacteur de fusion innovant de type coréen pour mener une production d'électricité de démonstration de 100 mégawatts. La Corée du Sud construira également à Naju des infrastructures destinées à la validation des composants et équipements essentiels du réacteur de fusion, et prévoit de mener en parallèle la construction du réacteur de démonstration et du réacteur commercial, avec pour objectif d'atteindre une fourniture commerciale d'électricité par 3 à 4 tranches ou plus dans les années 2040.

Outre le nucléaire, ce plan couvre également des technologies énergétiques telles que les cellules solaires tandem à pérovskite à haut rendement, les éoliennes de très grande taille, la production d'hydrogène par électrolyse de l'eau à grande échelle, le transport d'électricité en courant continu à haute tension et les modèles de réseau électrique à intelligence artificielle. Toutefois, l'un de ses axes centraux reste l'établissement d'une voie d'industrialisation à long terme autour de l'énergie nucléaire avancée, couvrant la R&D, la réglementation et la sécurisation de la chaîne d'approvisionnement.

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