La Grèce crée un comité pour étudier l'intégration du nucléaire dans la planification énergétique à long terme

Le 9 septembre 2026, le gouvernement grec a publié dans le Journal officiel une décision portant création d'un comité gouvernemental chargé d'étudier la possibilité d'intégrer l'énergie nucléaire dans la planification énergétique à long terme du pays.

Selon le document, ce comité travaillera conformément aux lignes directrices pertinentes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (International Atomic Energy Agency, IAEA), en tant qu'Organisation de mise en œuvre du programme d'énergie nucléaire grec (Nuclear Energy Programme Implementing Organisation, NEPIO), et sera chargé d'organiser et de gérer les travaux de la première phase de la « méthode des jalons » de l'IAEA. Cette phase est la phase exploratoire établie par l'IAEA pour les pays envisageant de développer l'énergie nucléaire.

La « méthode des jalons » de l'IAEA est un guide-cadre destiné aux pays souhaitant développer l'énergie nucléaire ; elle se divise en trois phases et couvre 19 questions d'infrastructure, les travaux correspondants devant être achevés avant la mise en service de la première centrale nucléaire.

Conformément à la décision du gouvernement grec, ce comité doit soumettre un rapport final au conseil des ministres dans un délai de 24 mois, afin de fournir au gouvernement une base pour juger s'il convient de lancer un programme nucléaire national. Le comité réalisera ou coordonnera également des études de faisabilité préliminaires, notamment l'évaluation du rapport coût-bénéfice d'un éventuel programme nucléaire national.

Le vice-ministre grec de l'Énergie, Nikos Tsafos, a déclaré sur les réseaux sociaux que l'un des objectifs du comité est d'améliorer la qualité du débat public, de faire progresser la compréhension du nucléaire par toutes les parties, de permettre à la société de former une perception commune des paramètres fondamentaux de l'énergie nucléaire et de mener le débat sur la base de données réelles issues de l'expérience d'autres pays, plutôt que de s'appuyer sur des préjugés et des informations partiales.

La décision gouvernementale propose en outre que le comité étudie différentes filières technologiques, telles que les réacteurs conventionnels et les petits réacteurs modulaires, sous l'angle des coûts, de la sûreté, de la maturité technologique et de la compatibilité avec le mix énergétique grec. Le comité pourra également étudier les applications potentielles de l'énergie nucléaire dans le domaine du transport maritime.

Le comité devrait se réunir tous les deux mois et pourra tenir des réunions extraordinaires en tant que de besoin.

Actuellement, la Grèce ne dispose d'aucune centrale nucléaire commerciale. Le seul réacteur de recherche du pays est le réacteur de recherche grec n° 1 (Greek Research Reactor-1, GRR-1), d'une puissance de 5 mégawatts, situé au Centre national de recherche scientifique, et qui se trouve depuis 2004 en état d'arrêt prolongé pour rénovation.

La transition de la Grèce vers l'énergie nucléaire reste confrontée à une sensibilité politique. Le pays manque actuellement de législation nucléaire, d'expérience en matière d'examen des autorisations de réacteurs et d'une équipe de professionnels du nucléaire formée de manière systématique.

Une enquête de 2025 montre que la proportion traditionnelle d'opposition du public grec à l'énergie nucléaire est passée de 75 % en 2018 à 42,8 % en 2025 ; la proportion de personnes interrogées favorables à l'utilisation de l'énergie nucléaire en Grèce est de 30 %, alors qu'elle n'était que de 18 % en 2018.

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