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Mot-clé:séparation du plutonium

Un laboratoire canadien valide un procédé de séparation par sels fondus sur du combustible usé réel, extrayant près de 90 % du plutonium en 24 heures

Un laboratoire canadien valide un procédé de séparation par sels fondus sur du combustible usé réel, extrayant près de 90 % du plutonium en 24 heures

Une expérience chimique canadienne menée sur du combustible usé provenant d'un réacteur commercial réel a franchi une étape notable. Les Laboratoires Nucléaires Canadiens ont validé, dans des cellules blindées de Chalk River, la première phase du procédé « déchets en sel stable » de la société Moltex Energy, en utilisant du combustible usé irradié issu d'un réacteur CANDU. Les résultats montrent qu'en 24 heures, 89,4 % du plutonium a été transféré dans le sel fondu ; après 60 heures, ce pourcentage atteint 94,3 %. Parallèlement, la grande majorité de l'uranium est restée hors de la phase saline, démontrant la forte sélectivité du procédé pour la séparation des éléments cibles. Ce procédé, nommé WATSS, n'est pas une voie de purification du plutonium, mais une technique de séparation de groupe. Outre l'uranium en grande quantité, le combustible usé contient des produits de fission ainsi que des éléments transuraniens tels que le plutonium et l'américium, ces derniers étant une source majeure de risque radiologique à long terme. Le WATSS utilise du sel fondu de chlorure à haute température et un métal réducteur spécifique pour convertir les oxydes transuraniens en une forme soluble dans le sel, tandis que la majeure partie de l'oxyde d'uranium reste à l'état solide. Dans cette expérience, les chercheurs ont utilisé le niobium comme métal réducteur : après 24 heures, seulement 0,05 % de l'uranium est entré dans le sel, et ce taux est tombé à 0,02 % après 60 heures, montrant que le procédé n'entraîne pas de grandes quantités d'uranium dans le système de sel fondu. L'importance de ce résultat réside dans le fait qu'il n'est pas basé sur des simulations informatiques ou des expériences avec des matériaux de substitution, mais a été réalisé dans des conditions réelles de combustible usé. Les technologies de traitement des déchets nucléaires sont souvent confrontées à un écart entre les modèles de laboratoire et les matériaux irradiés réels, car le combustible usé réel a une composition complexe et une forte radioactivité, imposant des exigences plus élevées en matière de contrôle des réactions chimiques et d'ingénierie opérationnelle. Ce test réalisé en cellule blindée signifie que le WATSS a franchi un seuil plus proche d'une application pratique, du moins pour les étapes chimiques clés initiales. Cependant, ces progrès ne signifient pas que le problème des déchets nucléaires est résolu, ni que l'installation nucléaire correspondante est déjà en service. Le réacteur de 300 mégawatts électriques prévu par Moltex en est encore au stade de développement et devra passer par des examens réglementaires plus approfondis, une validation technique et des évaluations de sûreté. Cette expérience valide l'étape chimique de séparation d'une partie des éléments transuraniens à vie longue du combustible usé, mais ne prouve pas que les produits récupérés peuvent déjà produire de l'électricité, ni que le cycle du combustible complet est commercialisé. Si la chaîne technologique ultérieure peut être complétée, la séparation et la fission d'une partie substantielle des éléments transuraniens pourraient, en théorie, contribuer à réduire la charge radiologique à très long terme des déchets nucléaires et à diminuer les sources de risque nécessitant un isolement à l'échelle géologique. Mais ce processus générera encore d'autres flux de déchets et ne fera pas disparaître complètement les déchets nucléaires. Sa valeur plus réaliste est d'offrir une voie possible pour la réutilisation du combustible usé et l'allègement de la charge du stockage à long terme, et son impact réel dépendra de la capacité des étapes suivantes — réacteurs, fabrication du combustible, autorisations réglementaires et viabilité économique — à suivre le rythme.

2026-08-09