L'achat des tubes de pression des réacteurs 2, 3 et 4 de la centrale nucléaire de Wolsong en Corée du Sud suscite une controverse sur une possible exemption de l'étude de préfaisabilité

La question de la prolongation de la durée de vie des réacteurs 2, 3 et 4 de la centrale nucléaire de Wolsong en Corée du Sud n'étant pas encore définitivement tranchée, le projet d'achat de leur équipement clé, les “tubes de pression”, est pourtant poussé à être exclu de l'étude préalable de faisabilité, provoquant une confrontation directe entre le secteur industriel et les groupes environnementaux. Le syndicat de Korea Hydro & Nuclear Power a récemment soumis une recommandation au député du Parti démocrate, Song Young-gil, demandant au gouvernement d'exempter cet achat de l'étude de préfaisabilité et de lancer la commande au plus tôt. Song Young-gil a ensuite transmis cet avis au Bureau de coordination des affaires d'État. Selon les informations, le gouvernement envisage en interne de soumettre cette question comme cas d'exemption à l'examen du Conseil d'État en septembre.

Les partisans estiment que les réacteurs 2, 3 et 4 de Wolsong sont des réacteurs à eau lourde pressurisée, et que les tubes de pression sont des équipements déterminants pour le fonctionnement des réacteurs. De la commande à la fabrication et à la livraison, le délai est généralement de 3 à 4 ans. Si l'on attend que la Commission de sûreté nucléaire ait achevé l'examen du renouvellement de l'autorisation d'exploitation avant de lancer l'achat, même si les réacteurs obtiennent l'approbation de prolongation, ils pourraient être contraints à l'arrêt en raison de l'indisponibilité des équipements. Le syndicat a particulièrement souligné que le réacteur n° 2 de Wolsong approche de l'échéance de sa durée de vie nominale ; en cas de période d'arrêt, les pertes pourraient atteindre environ 9 milliards de wons par jour. Il plaide donc pour que l'examen de sûreté et la préparation des équipements soient menés en parallèle, afin d'éviter que les retards administratifs ne compromettent l'approvisionnement en électricité et la rentabilité économique.

Cependant, les groupes environnementaux et certains experts nucléaires estiment qu'en l'absence de conclusion définitive sur la prolongation, et alors que l'évaluation d'impact environnemental et l'examen de sûreté ne sont pas encore achevés, l'investissement anticipé de sommes considérables dans l'achat de composants clés pourrait en réalité affaiblir l'indépendance des examens ultérieurs. Ils craignent qu'une fois les équipements commandés, le gouvernement et l'industrie ne puissent invoquer les “coûts irrécupérables” pour pousser à la poursuite de l'exploitation des réacteurs, réduisant l'évaluation d'impact environnemental et la vérification de la sûreté à de simples formalités. Cette pratique est critiquée comme une “prolongation par anticipation” visant à imposer un fait accompli et à étouffer les oppositions.

Le cœur du débat réside dans la question de savoir si les anciens réacteurs nucléaires, pour prolonger leur durée de vie, doivent être réévalués selon les normes de sûreté actuelles, plus strictes. Les critiques soulignent que si les exigences de sûreté les plus récentes, considérablement renforcées par rapport à la construction initiale, étaient pleinement appliquées, ainsi que les mesures de prévention des accidents graves, les coûts de mise à niveau des équipements pourraient augmenter de manière significative, voire modifier le calcul de rentabilité du projet de prolongation. Les partisans, quant à eux, insistent sur le fait que l'achat anticipé ne signifie pas une approbation anticipée de la prolongation, mais vise à éviter que les réacteurs ne soient à l'arrêt en raison des délais trop longs de la chaîne d'approvisionnement une fois l'autorisation de sûreté obtenue.

Alors que le Conseil d'État de septembre pourrait examiner ce projet d'exemption de l'étude de préfaisabilité, le conflit autour de la prolongation des réacteurs 2, 3 et 4 de Wolsong devrait encore s'intensifier. D'un côté, on met l'accent sur la stabilité de l'approvisionnement énergétique, les délais de fabrication des équipements et les pertes liées à l'arrêt ; de l'autre, on exige d'achever d'abord les évaluations environnementales, de sûreté et économiques, afin d'empêcher que les procédures ne soient détournées par les arrangements d'investissement. Cette affaire ne concerne pas seulement la mise en œuvre concrète de la politique de prolongation des centrales nucléaires en Corée du Sud, mais constituera également un cas important pour évaluer la manière dont le gouvernement équilibre la sécurité énergétique, le contrôle budgétaire et la confiance du public.

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