Le Maroc a réalisé 18 missions d'experts avec l'AIEA en 2025, la coopération nucléaire civile s'étend au niveau africain

La coopération entre le Maroc et l'Agence internationale de l'énergie atomique évolue d'une simple réception d'assistance technique vers une participation plus active au renforcement des capacités régionales. En 2025, les experts marocains ont réalisé 18 missions d'experts internationaux dans le cadre de la coopération technique de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et le volume de l'aide de cette agence au Maroc la même année a atteint 1,17 million d'euros. Cela montre que le Maroc dispose déjà d'une certaine base en science nucléaire, en applications de la technologie nucléaire et en capacités réglementaires, et commence à jouer un rôle plus important dans le réseau africain de coopération en matière de technologie nucléaire.

Le Centre national de l'énergie, des sciences et technologies nucléaires de Rabat a obtenu en septembre 2024 le statut de centre de coopération internationale de l'AIEA, avec une période de coopération couvrant 2025 à 2029, axée principalement sur la gestion des ressources en eau, la protection de l'environnement et les applications industrielles. Cet arrangement montre que les priorités du Maroc dans le développement de la technologie nucléaire ne se limitent pas à une éventuelle future énergie nucléaire, mais mettent davantage l'accent sur les applications pratiques de la technologie nucléaire dans les domaines civils et industriels, notamment la surveillance hydrologique, l'évaluation environnementale, l'inspection industrielle et la formation scientifique et technique connexe.

Le domaine médical est également une orientation importante de la coopération nucléaire du Maroc. L'Institut national d'oncologie du Maroc a été désigné centre d'ancrage de l'initiative “Rayons d'espoir” de l'AIEA, un projet visant à élargir l'accès à la radiothérapie dans la région africaine. Alors que des stagiaires d'autres pays africains se forment au Maroc, celui-ci a l'opportunité de créer un effet d'entraînement dans le traitement du cancer, la formation de professionnels en radiothérapie et la coopération médicale régionale, renforçant ainsi son influence dans le système de santé publique africain.

Sur le plan réglementaire, le secteur nucléaire civil marocain a établi un cadre institutionnel relativement complet. La loi n° 142-12 a créé l'Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques, chargée de la réglementation du secteur ; le Centre d'études nucléaires de Maâmora exploite depuis longtemps le réacteur de recherche TRIGA Mark II, utilisé pour la formation ainsi que pour des applications médicales, agricoles et industrielles. En juin 2025, le Maroc a obtenu pour la première fois la confirmation de la plus haute catégorie de garanties de l'AIEA concernant l'utilisation pacifique de ses matières nucléaires, ce qui revêt une importance significative pour sa crédibilité internationale et sa coopération nucléaire future.

Parallèlement, le Maroc figure parmi les dix pays africains ayant entamé la première phase de préparation à l'énergie nucléaire, mais il en est encore au stade de l'évaluation préliminaire, sans calendrier publié pour la production d'électricité nucléaire. Compte tenu de ses progrès en matière de garanties de sûreté nucléaire, d'exploitation de réacteurs de recherche, de formation des talents et de coopération internationale, le Maroc semble plutôt préparer le terrain pour des choix énergétiques à long terme et une autonomie technologique, plutôt que d'entrer immédiatement dans la phase de construction de centrales nucléaires.

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