L'évaluation imPACT de l'AIEA recommande à la Namibie d'élargir ses services de diagnostic et de traitement du cancer
Le 18 août 2026, les résultats de l'examen imPACT (évaluation de l'impact sur les services de lutte contre le cancer) de l'Agence internationale de l'énergie atomique montrent que la Namibie a démontré un engagement clair en faveur du renforcement du traitement du cancer, tout en devant encore élargir la couverture des services, renforcer les effectifs spécialisés en oncologie et améliorer l'accès au diagnostic et au traitement du cancer sur l'ensemble du territoire.

Le cancer devient un défi de santé publique de plus en plus important en Namibie. Les données montrent que le pays enregistre plus de 4 200 nouveaux cas de cancer chaque année. Selon les prévisions de Globocan 2024, ce chiffre devrait atteindre 7 200 cas d'ici 2040. Les cancers du sein, du col de l'utérus, de la prostate et le sarcome de Kaposi représentent actuellement près de la moitié de tous les cas de cancer confirmés en Namibie.
Cette évaluation imPACT a été menée conjointement par l'Agence internationale de l'énergie atomique, l'Organisation mondiale de la santé et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), avec la participation de neuf experts internationaux et régionaux. Elle a mis l'accent sur l'évaluation des capacités et des besoins du système namibien en matière de services de lutte contre le cancer, de la prévention, du dépistage, du diagnostic et du traitement aux soins palliatifs, et a formulé des orientations d'action prioritaires. Il s'agit de la deuxième évaluation de ce type pour la Namibie, après celle de 2011.
Du 8 au 12 juin, l'équipe d'examen a tenu des réunions avec les parties prenantes nationales namibiennes de la lutte contre le cancer, ainsi qu'avec des partenaires régionaux et multilatéraux, et a visité des hôpitaux publics et privés, des centres de soins de santé primaires, des universités, des cliniques de formation en oncologie et des directions régionales de la santé à Windhoek et à Oshakati. Les experts ont également mené des discussions avec des représentants de l'Assemblée nationale, de la Commission nationale de planification, du ministère des Finances et de la Commission de sécurité sociale.
La ministre namibienne de la Santé et des Services sociaux, Esperance Luvinda, a déclaré que les recommandations issues de cet examen serviront de feuille de route pour le plan national de lutte contre le cancer du pays et guideront les décisions d'investissement, la formation des talents et les orientations politiques pour la prochaine décennie. Le pays élabore actuellement son premier plan national de lutte contre le cancer, établi par un groupe de travail technique multisectoriel, visant à orienter les investissements et les actions dans l'ensemble du parcours de diagnostic et de traitement du cancer.
L'évaluation indique que la Namibie dispose encore d'une marge d'amélioration considérable en matière de prévention du cancer. La consommation d'alcool, le tabagisme, l'obésité, ainsi que les infections évitables par la vaccination telles que l'hépatite B et le virus du papillome humain (VPH), sont tous identifiés comme des facteurs de risque modifiables. Les experts recommandent au pays de poursuivre la vaccination contre le VPH, de renforcer les programmes de prévention et d'élaborer une stratégie de prévention du cancer à long terme.
Le rapport mentionne également qu'une proportion considérable de patients atteints de cancer en Namibie sont diagnostiqués à un stade avancé. Des systèmes d'orientation et de suivi des patients incomplets, la stigmatisation liée au cancer, la méconnaissance des facteurs de risque par le public et les obstacles géographiques à l'accès aux soins peuvent tous contribuer à des retards de dépistage, de diagnostic et de traitement. L'équipe d'évaluation recommande de renforcer l'orientation des patients, la gestion du suivi et la sensibilisation communautaire.
En ce qui concerne les capacités de traitement, l'évaluation estime que les ressources en radiothérapie de la Namibie restent limitées. Actuellement, le pays ne dispose que d'un seul appareil public de radiothérapie au cobalt-60 et de deux accélérateurs linéaires privés. Les experts recommandent une expansion progressive des services de radiothérapie, notamment la modernisation des installations de Windhoek et d'Oshakati, ainsi que l'offre de davantage d'opportunités de formation pour les professionnels.
L'examen souligne également que la Namibie doit remédier à la pénurie de pathologistes, de radiologues, de radio-oncologues, de radiothérapeutes, d'échographistes cliniques et de physiciens médicaux. L'expansion des programmes de formation locaux par le biais de partenariats entre hôpitaux et universités est considérée comme un moyen de former et de retenir les professionnels spécialisés nécessaires au diagnostic et au traitement du cancer.
L'Agence internationale de l'énergie atomique a indiqué que, compte tenu de l'immensité du territoire namibien, la réduction du fardeau du cancer nécessiterait une plus grande attention à la prévention, au diagnostic précoce et à une couverture plus équitable des services de santé. L'Agence a également déclaré qu'elle continuerait, par le biais de ses programmes de santé humaine et de coopération technique, à travailler avec les partenaires nationaux namibiens pour élargir les capacités de diagnostic et de traitement du cancer et soutenir la construction du premier centre de traitement du cancer du pays.
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