La Corée du Sud révise sa « Loi sur la sûreté nucléaire » pour clarifier les responsabilités de sûreté des exploitants d'installations nucléaires

L'Assemblée nationale sud-coréenne a adopté le 20 août, lors de sa 438e session extraordinaire, un amendement partiel à la « Loi sur la sûreté nucléaire », clarifiant pour la première fois au niveau juridique que les exploitants d'activités liées au nucléaire assument la responsabilité première en matière de sûreté des installations nucléaires. Cette mesure signifie que le système sud-coréen de gestion de la sûreté nucléaire évoluera davantage, passant d'une approche centrée sur les licences et la réglementation à un système de responsabilités aligné sur les principes de sûreté de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Cet amendement a été proposé par le député sud-coréen Oh Se-hee. Avant cette révision, la « Loi sur la sûreté nucléaire » de la Corée du Sud fixait principalement des normes de sûreté et des procédures réglementaires concernant les autorisations de construction et d'exploitation des réacteurs, l'utilisation des matières nucléaires, l'exploitation des installations de gestion des déchets radioactifs, mais ne comportait pas de disposition directe désignant le principal responsable de la prévention des accidents nucléaires et de la garantie de la sûreté.

Selon les nouvelles dispositions, les exploitants d'activités liées au nucléaire doivent s'acquitter de leurs obligations de gestion de la sûreté nucléaire et assumer les responsabilités en matière de prévention des accidents, de gestion des dommages et de rétablissement après accident lors de la construction et de l'exploitation des installations nucléaires. Cette disposition inscrit dans le droit interne sud-coréen le principe selon lequel « l'exploitant assume la responsabilité première en matière de sûreté », fournissant ainsi une base institutionnelle plus claire pour la gestion ultérieure de la sûreté des installations nucléaires.

Ce principe est conforme au cadre international de sûreté nucléaire. L'Agence internationale de l'énergie atomique, dans ses « Principes fondamentaux de sûreté » et ses normes de sûreté internationales connexes, énonce clairement que la responsabilité première de la sûreté des installations nucléaires incombe à l'exploitant, et non à l'autorité de réglementation. Le service intégré d'examen de la réglementation (IRRS) de l'AIEA avait également recommandé à la Corée du Sud de clarifier davantage, dans sa législation, la responsabilité de sûreté de l'exploitant. L'Union européenne (UE), par le biais de sa « Directive sur la sûreté nucléaire », a établi la responsabilité de l'exploitant comme principe fondamental de la gestion de la sûreté nucléaire. Cette révision législative de la Corée du Sud contribuera à renforcer la cohérence de son système de sûreté nucléaire avec les normes internationales.

L'objectif principal de la mise en œuvre de cet amendement est de modifier l'approche de gestion qui reposait uniquement sur la supervision de l'autorité de réglementation. Selon les nouvelles exigences, les exploitants qui construisent et exploitent directement des installations nucléaires doivent identifier et maîtriser les risques de manière proactive, et assumer la responsabilité de la prévention des accidents, de la réponse d'urgence et des opérations de rétablissement. Cette disposition s'aligne également sur la « culture de sûreté » mise en avant dans le domaine international de la sûreté nucléaire, à savoir que l'exploitant et son personnel doivent placer la sûreté au premier plan avant même les inspections réglementaires, en identifiant et en améliorant de manière proactive les risques potentiels.

Dans le contexte de l'avancement du système de gestion des déchets hautement radioactifs en Corée du Sud, cette révision législative revêt également une importance pratique. Avec la progression progressive de la construction et de l'exploitation des installations de stockage temporaire du combustible usé et des installations de stockage définitif, la responsabilité de sûreté de l'exploitant s'appliquera non seulement aux centrales nucléaires, mais couvrira également un domaine plus large de la gestion des déchets radioactifs. Ces installations impliquent généralement une garantie de sûreté à long terme, nécessitant l'établissement d'un système de responsabilité continue couvrant la conception, la construction, l'exploitation, la réponse aux accidents et la gestion après fermeture.

Toutefois, inscrire le principe de responsabilité dans la loi ne signifie pas que le niveau de sûreté s'améliorera automatiquement. Des normes de gestion de la sûreté plus spécifiques, des mécanismes d'évaluation des risques, des systèmes de réponse aux accidents, des exigences en matière d'investissements pour la sûreté et des plans de dotation en personnel spécialisé devront encore être élaborés en complément. Les organismes exploitants devront également mettre en place en interne des mécanismes décisionnels axés sur la priorité à la sûreté, afin de garantir que le personnel sur site puisse faire part de ses observations lorsqu'il identifie des risques et, si nécessaire, prendre des mesures d'arrêt ou de suspension conformément aux procédures.

Le renforcement de la responsabilité de l'exploitant ne signifie pas un affaiblissement du rôle de la réglementation. Les autorités de réglementation, notamment la Commission sud-coréenne de sûreté nucléaire (NSSC), doivent continuer à vérifier, par le biais d'inspections et d'une supervision indépendantes, que le système de gestion de la sûreté de l'exploitant fonctionne efficacement. Ce n'est que lorsque la responsabilité première de l'exploitant et la supervision indépendante de l'autorité de réglementation agissent conjointement que les objectifs de la révision législative pourront être réellement atteints sur le terrain des installations nucléaires.

Les acteurs du secteur estiment que la divulgation des informations d'exploitation des centrales nucléaires, le renforcement de la communication avec les résidents locaux et l'amélioration des mécanismes indépendants de vérification de la sûreté influenceront également l'efficacité réelle de cet ajustement institutionnel. Ce n'est que lorsque l'exécution des responsabilités de l'exploitant pourra être vérifiée par des informations objectives et des contrôles indépendants que les réformes concernées contribueront à renforcer la confiance du public dans le système de gestion de la sûreté nucléaire.

Cette révision législative pourrait également constituer un soutien institutionnel pour la participation de la Corée du Sud à des projets nucléaires à l'étranger. Sur le marché nucléaire international, outre la technologie des réacteurs et les aspects économiques, le cadre réglementaire de la sûreté nucléaire, l'expérience d'exploitation et la capacité de réponse aux accidents sont également des facteurs d'évaluation importants. L'inscription par la Corée du Sud de la responsabilité première de sûreté de l'exploitant dans sa législation contribuera à renforcer la crédibilité institutionnelle de son industrie nucléaire dans la coopération internationale.

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