Le Japon construira une base de recherche sur le combustible de tritium pour la fusion nucléaire dans la préfecture d'Aomori

Le ministère japonais de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (MEXT) a décidé d'établir une nouvelle base de recherche sur la production d'électricité par fusion nucléaire dans la préfecture d'Aomori, en mettant l'accent sur le développement des technologies de traitement du combustible de tritium. Cette base répondra aux besoins de construction des projets de démonstration de fusion nucléaire prévus pour les années 2030 et favorisera la recherche conjointe entre l'industrie, le gouvernement et le monde académique. Le MEXT prévoit d'inscrire environ 100 milliards de yens de dépenses liées au développement de la fusion nucléaire dans sa demande budgétaire pour le prochain exercice.

La production d'électricité par fusion nucléaire libère de l'énergie par la réaction de fusion entre les noyaux de deutérium et de tritium, un principe proche du processus de production d'énergie à l'intérieur du Soleil. Contrairement à l'énergie nucléaire traditionnelle qui repose sur des réactions en chaîne de fission nucléaire, la fusion nucléaire présente un risque moindre d'emballement de la réaction, ce qui en fait une direction importante pour les technologies énergétiques futures aux yeux de nombreux pays.

L'application industrielle de la production d'électricité par fusion nucléaire nécessite la circulation stable de grandes quantités de tritium de haute pureté dans le réacteur. À cette fin, le MEXT prévoit d'agrandir l'Institut de recherche sur l'énergie de fusion de Rokkasho, situé dans le village de Rokkasho dans la préfecture d'Aomori, relevant de l'Institut national japonais des sciences et technologies quantiques et radiologiques (QST), et de construire une nouvelle « installation d'essais de sécurité des systèmes de combustible ».

La nouvelle installation servira de plateforme de recherche et développement, soutenant les entreprises et les universités dans la conduite d'essais et de recherches conjoints. Les travaux de R&D concernés comprennent des équipements de stockage sûr du tritium, des technologies permettant de transformer le tritium et d'autres combustibles en pastilles par congélation et de les introduire dans les dispositifs, ainsi que des équipements connexes pour la maintenance à distance des composants internes du réacteur.

Le Japon dispose actuellement de plusieurs instituts de recherche sur la fusion nucléaire qui assument respectivement des tâches de R&D sur différentes voies technologiques, notamment l'Institut de recherche sur les sciences et technologies de la fusion de Naka du QST, l'Institut national de la science de la fusion (NIFS) et l'Institut de recherche sur l'ingénierie laser (ILE) de l'Université d'Osaka. Le MEXT prévoit également d'améliorer les installations de recherche de ces instituts afin de renforcer la synergie entre l'industrie, le monde académique et la recherche. Parmi eux, le NIFS améliore actuellement les performances de son supercalculateur utilisé pour prédire l'état interne des réacteurs.

Le gouvernement japonais a inscrit la fusion nucléaire parmi les domaines d'investissement prioritaires de sa stratégie de croissance. Des responsables du MEXT ont indiqué que le développement des technologies communes nécessaires à la phase d'application pratique de la fusion nucléaire serait accéléré.

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