Baisse des résultats d'EDF, les centrales nucléaires affectées par la chaleur

Les résultats semestriels d'EDF sont sous pression, avec un bénéfice net en baisse de 4,4 % sur un an à 5,2 milliards d'euros. Malgré une augmentation de la production nucléaire française d'environ 8 TWh, le chiffre d'affaires a tout de même reculé de 3,3 % à 57,45 milliards d'euros. Le résultat d'exploitation semestriel de l'entreprise s'élève à 14,1 milliards d'euros, avec une production totale d'électricité de 262,1 TWh, dont 189,9 TWh provenant des centrales nucléaires françaises. Parallèlement, EDF a également supporté 500 millions d'euros de taxes supplémentaires, principalement liées à la contribution sur les profits excédentaires.

La faiblesse des prix du marché a réduit la valeur de l'électricité vendue par EDF, tandis que l'entreprise, entièrement détenue par l'État, doit financer des projets industriels à forte intensité capitalistique. Fin juin, la dette nette d'EDF atteignait 51,5 milliards d'euros, un niveau comparable à celui de fin 2025. Pour l'ensemble de l'année 2026, EDF prévoit une baisse de son résultat d'exploitation d'« environ 10 % ». En début d'année, l'entreprise n'avait anticipé qu'une légère baisse, mais elle a révisé ses prévisions après avoir intégré les effets des températures élevées persistantes depuis fin mai sur la production nucléaire et hydroélectrique.

Le directeur général d'EDF, Bernard Fontana, a indiqué que le réacteur de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, et celui de Chooz, dans les Ardennes, ont été arrêtés en raison des températures élevées. Selon les données fournies par l'entreprise, d'autres réacteurs pourraient cesser leur fonctionnement d'ici la fin du week-end. Les centrales nucléaires doivent respecter les limites de température de l'eau fixées par l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection pour chaque site. Ces seuils visent à contrôler les rejets thermiques afin de minimiser l'impact sur l'environnement aquatique et peuvent conduire EDF à réduire sa puissance ou à suspendre temporairement l'exploitation de ses unités.

La production hydroélectrique est également affectée par la réduction des ressources en eau disponibles. Malgré cela, EDF maintient ses estimations de production nucléaire française entre 350 et 370 TWh pour 2026 et 2027, tandis que la production nucléaire de 2025 s'élevait à 373,0 TWh. EDF reste le principal opérateur industriel de la relance nucléaire française, avec le projet de construction de six nouveaux réacteurs EPR2 à Penly, Gravelines et Bugey. Le coût total estimé par le groupe est de 72,8 milliards d'euros (en valeur 2020), avec un objectif de mise en service du premier réacteur de Penly en 2038.

Afin de préserver sa marge de manœuvre financière, EDF va céder ses activités d'énergies renouvelables en Amérique du Nord. Après avoir conclu un accord avec KKR le 30 juin concernant les actifs d'EDF Power Solutions aux États-Unis et au Canada, Bernard Fontana a indiqué que la transaction « pourrait avoir lieu au second semestre 2026 ». KKR valorise cette acquisition à 4,2 milliards de dollars et la décrit comme un portefeuille d'actifs renouvelables d'environ 5,6 GW.

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