La France approuve les travaux préliminaires du projet EPR2 à la centrale nucléaire de Gravelines

Le gouvernement français a publié un décret le 22 août, autorisant Électricité de France (EDF) à lancer les travaux préparatoires pour deux réacteurs à eau pressurisée de type EPR2 sur le site de la centrale nucléaire de Gravelines, et lui accordant les autorisations environnementales liées à l'aménagement du site. Cette centrale, qui exploite actuellement six tranches de 900 mégawatts, est la plus grande centrale nucléaire d'Europe de l'Ouest en termes de capacité installée.

Selon le décret, les travaux autorisés comprennent la construction de plateformes de chantier et d'installations de site, le transfert du terminal ferroviaire existant, les terrassements, le renforcement des fondations, la construction d'enceintes étanches ainsi que la réalisation des voies d'accès au chantier. Les travaux concernent également le déplacement de la faune et de la flore protégées, la construction d'un centre d'information du public et une partie des installations de stationnement associées.

EDF a indiqué que ce décret permet à l'entreprise de mener les travaux de préparation du site par étapes, mais qu'il ne constitue pas une autorisation de construction des deux réacteurs EPR2, ni n'autorise le début des travaux des bâtiments destinés à stocker des matières nucléaires ou à assurer des fonctions de sûreté nucléaire. Les bâtiments principaux des réacteurs et les installations de sûreté liées au combustible nucléaire devront encore faire l'objet d'autorisations formelles ultérieures.

Le projet de Gravelines prévoit l'ajout de deux réacteurs EPR2 d'une capacité unitaire de 1600 mégawatts. EDF est responsable de la construction des réacteurs, tandis que RTE (Réseau de transport d'électricité), le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, est chargé du raccordement des nouvelles unités au réseau public de transport d'électricité. EDF a précédemment indiqué que la centrale nucléaire de Gravelines a produit 32,27 térawattheures en 2025, soit environ 60 % de la consommation annuelle d'électricité de la région Hauts-de-France.

Ce projet s'inscrit dans le cadre du nouveau programme de construction nucléaire de la France. La France prévoit la construction de six réacteurs EPR2 sur trois sites — Penly, Gravelines et Bugey — avec une option pour huit réacteurs supplémentaires. Les deux premières tranches devraient être construites à la centrale nucléaire de Penly, en Normandie, avec un objectif de mise en service en 2038. L'investissement total préliminaire pour les six tranches, annoncé par EDF en décembre 2025, est estimé à environ 72,8 milliards d'euros, et la décision finale d'investissement devrait être prise avant fin 2026.

Parallèlement à l'avancement des nouveaux projets, l'exploitation nucléaire française est également confrontée à des défis liés aux conditions météorologiques extrêmes et aux facteurs écologiques. Le 13 août, 13 des 57 réacteurs nucléaires français étaient à l'arrêt ou en réduction de puissance en raison de contraintes environnementales, dont 8 complètement à l'arrêt et 5 en réduction de puissance. À la centrale de Gravelines, cinq des six tranches avaient été affectées en raison de l'entrée massive de méduses dans les prises d'eau de refroidissement. Certaines centrales situées le long de rivières intérieures ont également dû ajuster leur fonctionnement en raison de la hausse de la température et de la baisse du débit des cours d'eau causées par la canicule, afin de respecter les exigences environnementales relatives aux rejets d'eau de refroidissement.

EDF prévoit d'investir 8,7 milliards d'euros d'ici 2040 pour l'adaptation climatique de ses installations de production, dont 4,3 milliards d'euros pour les installations nucléaires. Le nouveau programme de construction nucléaire français et les investissements de modernisation associés offrent également des opportunités de marché à long terme aux équipementiers souhaitant entrer dans la chaîne d'approvisionnement nucléaire européenne. Toutefois, les normes nucléaires européennes, les préférences de localisation et les exigences de conformité environnementale continueront de constituer des barrières à l'entrée relativement élevées.

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