La production électrique estivale des énergies renouvelables allemandes se rapproche du nucléaire français, avec un possible dépassement d'ici 2030
Le nucléaire français a longtemps été considéré comme un pilier majeur du système électrique bas carbone européen, mais les dernières données montrent que la production des énergies renouvelables allemandes rattrape rapidement le nucléaire français. Selon les données, en janvier de cette année, les énergies renouvelables allemandes (solaire, éolien, etc.) ont produit au total 22 854 GWh, tandis que le nucléaire français a produit 36 838 GWh, soit environ 61 % de plus. Cependant, en juillet, l'écart s'est nettement réduit : le nucléaire français a produit 29 689 GWh, contre 26 501 GWh pour les énergies renouvelables allemandes, le nucléaire français ne devançant que d'environ 12 %.

Cette évolution est étroitement liée aux fortes chaleurs estivales. Les centrales nucléaires nécessitent d'importantes quantités d'eau de refroidissement pour fonctionner et sont donc généralement construites en bord de mer ou à proximité de rivières. Lorsque le débit des rivières est insuffisant, ou que la température des rejets dépasse les limites environnementales, les centrales doivent réduire leur puissance, voire s'arrêter. Les données mentionnent que les centrales françaises de Golfech, Bugey et Nogent-sur-Seine ont déjà été affectées. Avec la fréquence croissante des vagues de chaleur, les contraintes de refroidissement du nucléaire en été pourraient devenir plus marquées, remettant en cause l'avantage de stabilité de la production nucléaire française.
En comparaison, les énergies renouvelables allemandes bénéficient particulièrement en été de l'augmentation de la production solaire. Les fortes températures de juillet, bien qu'elles aient pesé sur le nucléaire, ont stimulé les pics de production solaire, faisant significativement grimper la production totale des énergies renouvelables allemandes. Bien que la structure énergétique actuelle de l'Allemagne soit encore confrontée à des défis tels que la variabilité du solaire et de l'éolien, la régulation du réseau et le stockage d'énergie, sa capacité de production continue de se renforcer au vu de la vitesse d'expansion des installations.
Les données indiquent également que, bien que la France ait des projets de construction de nouvelles centrales nucléaires et de modernisation des unités existantes, y compris l'idée de réacteurs plus petits, la nouvelle capacité ne devrait pas voir le jour avant 2035 au plus tôt. L'Allemagne prévoit quant à elle d'ajouter en moyenne chaque année d'ici 2030 19,6 GW de capacité solaire, 9,4 GW d'éolien terrestre et 4,1 GW d'éolien en mer. Si ces objectifs sont atteints, par rapport à 2025, la capacité solaire allemande en 2030 augmentera d'environ 80 %, l'éolien terrestre de 66 % et l'éolien en mer de 200 %.
Cela signifie que les variables clés de la compétition électrique entre l'Allemagne et la France sont en train de changer : les contraintes du nucléaire français ne se limitent pas au vieillissement des réacteurs et aux longs cycles de construction, mais incluent également les limites de refroidissement liées au réchauffement climatique ; l'avantage des énergies renouvelables allemandes repose sur l'expansion continue des installations et la forte production solaire estivale. Selon la tendance actuelle, il est possible que les énergies renouvelables allemandes dépassent le nucléaire français en été plus tôt que prévu, et aux alentours de 2031, ce dépassement pourrait même se produire pendant les mois d'hiver.
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