EDF prévoit d'ajouter des tours de refroidissement à la centrale nucléaire de Golfech face aux arrêts répétés liés aux fortes chaleurs
EDF prévoit d'adapter la centrale nucléaire de Golfech, située dans le Tarn-et-Garonne, pour faire face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. Depuis le mois de juin, la centrale a été arrêtée à plusieurs reprises en raison des températures élevées, avec une nouvelle mise à l'arrêt début août, illustrant la pression croissante exercée sur les installations nucléaires refroidies par les cours d'eau dans le contexte du changement climatique.

La cause directe de l'arrêt de la centrale de Golfech n'est pas l'incapacité du réacteur lui-même à fonctionner, mais la température trop élevée de l'eau de la Garonne. Conformément à la réglementation de 2006, lorsque la température moyenne journalière de la Garonne en aval de la centrale dépasse 28 degrés Celsius, EDF peut réduire la puissance des tranches ou procéder à un arrêt temporaire. Cette limitation vise principalement à protéger l'écosystème du fleuve, en évitant que les rejets d'eau chaude de la centrale n'élèvent davantage la température et ne menacent la survie de la faune et de la flore aquatiques.
Face au réchauffement climatique et à l'augmentation des vagues de chaleur, EDF a annoncé un investissement de 8,7 milliards d'euros sur 15 ans pour renforcer la capacité d'adaptation de l'ensemble de son parc de production au changement climatique. Sur ce montant, 4,3 milliards d'euros seront consacrés aux actifs nucléaires afin d'accroître leur résilience face aux conditions extrêmes telles que les fortes chaleurs et la sécheresse. La centrale de Golfech figure parmi les projets prioritaires susceptibles d'en bénéficier, EDF étudiant actuellement l'ajout de 4 tours de refroidissement à air.
Ce type de tours de refroidissement permet de refroidir davantage l'eau avant son rejet dans le fleuve, avec une baisse de température estimée entre 3 et 7 degrés Celsius. Une technologie similaire est déjà utilisée depuis environ 30 ans à la centrale de Civaux, dans la Vienne, où EDF indique que la température de l'eau rejetée dans la Vienne peut être inférieure de 2 à 3 degrés Celsius à celle de l'eau prélevée. Si le projet de Golfech aboutit, il deviendra la première centrale nucléaire à adopter cette solution dans le cadre de la nouvelle vague d'investissements d'EDF pour l'adaptation au climat.
Bien que les vagues de chaleur aient déjà affecté le fonctionnement de certaines centrales nucléaires, leur impact reste relativement limité à l'échelle de la production nucléaire nationale. EDF estime que depuis 2010, les pertes de production liées aux vagues de chaleur représentent environ 0,3 % de la production totale. Toutefois, un rapport de la Cour des comptes française publié en mars 2024 indique que d'ici 2050, le nombre d'arrêts de centrales nucléaires dus aux fortes températures pourrait être multiplié par 3 à 4 par rapport au niveau actuel, ce qui signifie que l'adaptation anticipée des systèmes de refroidissement deviendra un enjeu majeur pour la stabilité de l'exploitation nucléaire à long terme en France.
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