Quatre jours seulement après son redémarrage, le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Golfech à nouveau arrêté en raison de la température de l'eau de la Garonne proche de la limite

EDF a de nouveau arrêté le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Golfech dans la soirée du 8 août, seulement quatre jours après son redémarrage. La raison directe de cet arrêt est que la température de l'eau de la Garonne devait atteindre 28 °C le 9 août, touchant la limite d'exploitation locale. Le réacteur 1 étant déjà à l'arrêt pour maintenance et remplacement de combustible, après la fermeture du réacteur 2, les deux réacteurs de la centrale de Golfech sont simultanément à l'arrêt, et la centrale ne produit temporairement plus d'électricité.

La centrale nucléaire de Golfech est située dans le département de Tarn-et-Garonne, en France. Mise en service entre 1991 et 1994, elle dispose de deux réacteurs à eau sous pression de 1 300 mégawatts chacun, qui prélèvent l'eau de la Garonne et se refroidissent grâce à des tours de refroidissement à tirage naturel. Selon les données d'EDF, la centrale a produit 11,4 térawattheures d'électricité en 2025, soit suffisamment pour couvrir les besoins d'environ 2,3 millions de foyers français. Conformément à l'arrêté préfectoral de 2006, EDF est autorisée à prélever l'eau de la rivière et à rejeter des effluents liquides et gazeux pour l'exploitation de la centrale, mais doit respecter les limites de température de l'eau et les contraintes environnementales.

Selon les règles en vigueur, l'eau de refroidissement de la centrale nucléaire rejetée dans la Garonne augmente en moyenne la température de la rivière d'environ 0,2 °C. Dès que la température moyenne journalière de la rivière mesurée en aval de la centrale dépasse 28 °C, EDF doit ajuster la puissance des réacteurs en fonction des besoins du réseau de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, et procéder à un arrêt temporaire si nécessaire. Le réacteur 2 connaît son quatrième arrêt depuis le début de l'été, après avoir été arrêté 17 jours consécutifs du 9 au 26 juillet en raison des fortes chaleurs, puis de nouveau mis à l'arrêt le 29 juillet.

Cet événement met en évidence l'impact croissant du réchauffement climatique sur les conditions d'exploitation du nucléaire. Bernard Doroszczuk, ancien responsable de l'autorité de sûreté nucléaire française, avait demandé en 2023 que les études relatives à la prolongation de la durée de vie des réacteurs intègrent les effets du changement climatique, en particulier l'impact des conditions météorologiques extrêmes sur les conditions de refroidissement. EDF a également annoncé un investissement de près de 9 milliards d'euros sur 15 ans pour renforcer la capacité des centrales nucléaires à faire face aux effets du réchauffement climatique.

En ce qui concerne les pertes de production, EDF estime que les pertes de production nucléaire dues aux fortes chaleurs de juin de cette année représentent environ 3 % de la production nucléaire du mois, et environ 6 % pour juillet, soit une baisse combinée d'environ 4,5 % sur les deux mois. EDF souligne toutefois que, depuis 2000, les pertes dues aux fortes chaleurs et à la sécheresse ne représentent en moyenne que 0,3 % de la production nucléaire annuelle française, un impact jugé « très limité ». L'entreprise indique également que l'offre d'électricité en France est actuellement suffisante pour répondre à la demande, sans motif d'alerte ; au premier semestre 2026, malgré les vagues de chaleur, la France a réalisé un export record de 51 térawattheures d'électricité.

Avertissement : les informations republiées depuis des médias partenaires, institutions ou autres sites sont fournies à titre de référence et de diffusion. Elles ne valent pas approbation ni vérification de leur exactitude. Contactez-nous pour toute correction ou demande liée aux droits.