Le dépistage par DXA dans la population Medicare américaine a chuté de 35 % en près de vingt ans

Une nouvelle étude montre qu'entre 2005 et 2023, la proportion de bénéficiaires de Medicare aux États-Unis ayant subi une absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) a nettement diminué, avec une baisse de 35 %. La DXA est couramment utilisée pour la mesure de la densité osseuse et le dépistage lié à l'ostéoporose. Les résultats de l'étude suggèrent que les disparités d'accès au dépistage entre différentes populations se creusent.

Les chercheurs ont analysé les données de remboursement de plus de 5 millions de bénéficiaires de Medicare. Les résultats montrent que le taux d'utilisation de la DXA est passé de 7 255 examens pour 100 000 bénéficiaires en 2005 à 4 690 pour 100 000 bénéficiaires en 2023. L'étude a été publiée dans *Osteoporosis International*.

L'ampleur de la baisse n'est pas uniforme entre les populations. Les données montrent que le taux d'utilisation de la DXA a chuté de 67 % chez les bénéficiaires hispaniques, de 47 % chez les bénéficiaires noirs et de 43 % chez les bénéficiaires asiatiques. Les populations vivant dans des zones socio-économiquement défavorisées ont également connu des baisses plus importantes. Chez les bénéficiaires sans diagnostic préalable d'ostéoporose, le volume de dépistage a diminué de 42 %.

L'étude a également révélé une relation étroite entre les services de médecine préventive et le dépistage par DXA. Chez les patients ayant bénéficié d'une consultation de soins préventifs au cours de l'année écoulée, le taux d'utilisation de la DXA a au contraire augmenté de 4 %. Les chercheurs soulignent que la consultation de soins préventifs est le facteur prédictif le plus fort de la réalisation d'un examen DXA chez les bénéficiaires, multipliant par près de 10 la probabilité de subir cet examen.

L'étude a également analysé les tendances des remboursements de Medicare. Entre 2006 et 2010, le montant des remboursements pour les examens DXA en cabinet a diminué de plus de la moitié. Les auteurs de l'étude estiment que ce changement a pu affaiblir la capacité des prestataires de soins à réaliser ces examens et a contribué à déplacer les dépistages hors des cabinets médicaux et des cliniques.

Les chercheurs indiquent que, dans un contexte où l'identification des populations à risque d'ostéoporose est essentielle pour la prévention des fractures, la baisse du dépistage par DXA et ses disparités entre populations méritent une attention particulière. Améliorer l'accès aux services de médecine préventive et maintenir l'offre d'examens DXA pourrait contribuer à atténuer cette tendance.

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