La recherche par rayonnement synchrotron PETRA III révèle de nouvelles pistes sur le mécanisme de vieillissement du ligament large de l'utérus

Une équipe de recherche austro-allemande a récemment utilisé l'installation PETRA III du centre allemand de synchrotron électronique (DESY) pour réaliser une analyse par rayons X du ligament large, un ligament important qui soutient l'utérus, apportant de nouveaux indices biomécaniques pour comprendre le mécanisme d'apparition du prolapsus des organes pelviens. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue *Acta Biomaterialia*.

Le prolapsus des organes pelviens est un problème courant dans le domaine de la santé féminine, mais dont le mécanisme reste encore mal compris ; environ 40 % des femmes sont concernées, et il survient le plus souvent dans la seconde moitié de la vie. Les chercheurs en médecine avaient précédemment émis l'hypothèse que le relâchement des ligaments autour de l'utérus avec l'âge pourrait être l'une des causes importantes du prolapsus. Le ligament large relie l'utérus à la paroi pelvienne ; sa résistance et son élasticité dépendent principalement du collagène. La question de savoir si le collagène se dégrade avec l'âge est donc devenue le problème central de l'équipe de recherche.

L'équipe, dirigée par des chercheurs de l'Université de médecine de Graz et du Centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf, a sélectionné des échantillons de ligament large de l'utérus provenant de femmes âgées de 18 à 89 ans et les a analysés à la station expérimentale P03 de PETRA III à l'aide de la technique de diffusion des rayons X aux petits angles. Les chercheurs ont utilisé des coupes de tissu ligamentaire d'épaisseur submillimétrique et ont appliqué une contrainte de traction biaxiale aux échantillons pendant l'expérience afin d'observer les changements de la structure du collagène sous contrainte.

Aperçu de l'expérience et résultats : A : analyse histologique d'échantillons adjacents de mésomètre par diffusion des rayons X aux petits angles (B) sous différents protocoles d'essai de traction (C) comportement lors d'essais de traction continus jusqu'à 20 % : les échantillons de tissu jeune n'ont pas montré d'augmentation significative, tandis que 3 des 7 échantillons de tissu vieilli ont montré une augmentation nettement significative de l'espacement du collagène (« espacement d ») (résumé graphique tiré de la publication originale sous licence CC BY 4.0).

Les résultats expérimentaux montrent que les différences globales de collagène dans le ligament large entre les femmes jeunes et les femmes plus âgées ne sont pas évidentes. L'équipe de recherche estime que le simple vieillissement ne conduit probablement pas directement à une dégradation de la structure du collagène du ligament large. Cependant, dans certains échantillons de femmes âgées, des changements subtils à l'échelle nanométrique ont été observés dans le collagène ; lors des essais de traction continue jusqu'à 20 %, 3 des 7 échantillons de tissu âgé ont montré une augmentation significative de l'espacement du collagène.

Les chercheurs indiquent que cette découverte montre que le comportement du collagène du ligament large ne présente pas de changement clairement lié à l'âge, mais que les modifications structurelles subtiles observées dans certains échantillons pourraient être associées au développement de la maladie. Ces résultats contribuent à mieux comprendre le comportement mécanique des tissus de soutien de l'utérus et pourraient également fournir des références pour l'amélioration future des stratégies de traitement des maladies du plancher pelvien et pour l'évaluation de la qualité des tissus lors d'interventions chirurgicales.

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