La Turquie mise sur les petits réacteurs modulaires, avec un objectif de 5 000 mégawatts installés d'ici 2050
La Turquie considère les petits réacteurs modulaires (PRM) comme une nouvelle percée dans sa stratégie nucléaire. Selon les plans pertinents, la Turquie espère atteindre une capacité installée d'environ 5 000 mégawatts de PRM d'ici 2050, une échelle qui dépasserait le projet de la centrale nucléaire d'Akkuyu. Pour la Turquie, qui cherche depuis longtemps à réduire sa dépendance énergétique extérieure, les PRM sont perçus comme une opportunité stratégique alliant sécurité énergétique, montée en gamme industrielle et compétitivité technologique.

Par rapport aux grandes centrales nucléaires traditionnelles, les PRM ont une capacité installée plus réduite et un déploiement plus flexible, généralement comprise entre 10 et 300 mégawatts ; les micro-réacteurs modulaires de moins de 10 mégawatts sont encore plus compacts et peuvent même être transportés par camion. Le rapport mentionne que ces réacteurs peuvent être déployés dans des parcs industriels, des installations militaires, des zones sinistrées ou à proximité des villes, fournissant une électricité stable à des zones spécifiques. Un seul réacteur pourrait prétendument couvrir les besoins quotidiens en électricité d'environ 5 000 à 150 000 logements, particulièrement adapté aux scénarios nécessitant une alimentation électrique sur site ou d'urgence.
La Turquie a déjà engagé des projets de grandes centrales nucléaires à Akkuyu, Sinop et en Thrace, tandis que les PRM sont intégrés dans une feuille de route nucléaire plus large. Leur importance ne se limite pas à la production d'électricité, mais inclut également le développement de la fabrication locale, la création d'un nouvel écosystème industriel, la génération d'emplois et la promotion des exportations. Si une partie des processus de production peut être réalisée localement en Turquie, la chaîne industrielle des PRM pourrait devenir un levier majeur pour le renforcement des équipements énergétiques et des capacités d'ingénierie de pointe du pays.
Pour attirer les investissements nucléaires, la Turquie a également commencé à introduire des incitations fiscales et financières. Selon les dispositions légales publiées au Journal officiel, les personnes morales ayant obtenu une autorisation préalable ou une licence de production d'électricité pour une centrale nucléaire sont exonérées du droit de timbre sur les documents liés à l'investissement dans la centrale ; en outre, jusqu'au 31 décembre 2045, la TVA non récupérable par compensation sur les travaux de construction de centrales nucléaires relevant du champ des documents d'incitation à l'investissement peut faire l'objet d'une demande de remboursement. Par ailleurs, le ratio de calcul des emprunts entre entreprises associées dans le cadre des règles de sous-capitalisation a été réduit de 50 % à 25 %, afin d'alléger la pression sur le financement des investissements.
À l'échelle mondiale, la concurrence technologique sur les PRM s'accélère. Les États-Unis prévoient de mettre en service plus de dix PRM d'ici 2030, le Canada espère mettre en service son premier projet de 300 mégawatts d'ici 2035, la Corée du Sud a développé son design national SMART et cherche à l'exporter, et la France poursuit également des recherches et développements connexes. Le ministre turc de l'Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a précédemment déclaré que les petits réacteurs modulaires constituent une composante importante de la « nouvelle ère nucléaire » et que les capacités et le dynamisme de l'industrie turque pourraient aider le pays à devenir l'un des pays de développement et de production de ces technologies.
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