Les fonds suisses pour le démantèlement nucléaire et l'élimination des déchets affichent tous deux un excédent

Fin 2025, les actifs totaux du fonds de démantèlement des installations nucléaires suisses et du fonds d'élimination des déchets des centrales nucléaires avoisinaient les 10 milliards de francs suisses, soit environ 10,6 milliards d'euros et 12,3 milliards de dollars américains, en hausse par rapport aux 9,65 milliards de francs suisses de fin 2024, et dépassant également les objectifs financiers fixés.

Selon l'Association nucléaire suisse (Swissnuclear), le fonds de démantèlement s'élevait à environ 3,03 milliards de francs suisses, contre 2,98 milliards en 2024 ; le fonds d'élimination des déchets atteignait environ 6,96 milliards de francs suisses, contre 6,66 milliards en 2024. Sur la base des objectifs calculés, la taille cible du fonds de démantèlement est de 2,76 milliards de francs suisses et celle du fonds d'élimination des déchets de 5,9 milliards de francs suisses, les deux fonds dépassant respectivement leurs objectifs d'environ 9,8 % et 17,9 %.

Ces données proviennent du rapport annuel 2025 publié par l'organisme de gestion du fonds de démantèlement des installations nucléaires et du fonds d'élimination des déchets des centrales nucléaires (Stenfo). Cet organisme, de nature administrative indépendante, est chargé de garantir le financement du démantèlement sûr des centrales nucléaires et de l'élimination des déchets radioactifs, et de gérer les deux fonds précités. Le fonds de démantèlement est principalement destiné aux travaux de démantèlement des installations nucléaires mises à l'arrêt, tandis que le fonds d'élimination des déchets est utilisé pour la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs.

La Suisse applique le principe de l'« utilisateur-payeur », qui exige que les propriétaires et exploitants d'installations nucléaires suisses assument l'intégralité des coûts de démantèlement et de gestion des déchets par le biais de contributions annuelles obligatoires. Les études de coûts correspondantes sont mises à jour tous les cinq ans afin de recalculer les niveaux de contribution et la préparation financière à long terme.

L'Association nucléaire suisse indique qu'à long terme, le fonctionnement des deux fonds est conforme aux attentes, démontrant que les exploitants de centrales nucléaires s'acquittent de leurs responsabilités financières en matière de démantèlement et d'élimination des déchets conformément au principe du « pollueur-payeur ».

Bien que la Suisse ait une longue histoire d'exploitation nucléaire, un référendum tenu en 2017 a décidé de ne plus autoriser la construction de nouvelles centrales nucléaires. Cette politique découle d'un processus d'ajustement à long terme engagé après l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon en 2011. Toutefois, les réacteurs nucléaires existants en Suisse ne disposent pas de calendrier de mise à l'arrêt définitif et peuvent continuer à fonctionner tant qu'ils respectent les exigences légales de sûreté. Les exploitants de centrales nucléaires suisses ont indiqué qu'ils étudiaient, pour des raisons de sécurité d'approvisionnement électrique, la possibilité de prolonger la durée de fonctionnement des centrales au-delà des prévisions initiales.

Les quatre réacteurs nucléaires actuellement en exploitation en Suisse sont les tranches 1 et 2 de Beznau, la centrale de Gösgen et la centrale de Leibstadt, qui représentent environ 27 % de la production électrique nationale. Le Parlement suisse a officiellement approuvé les plans autorisant la construction de nouvelles centrales nucléaires, et cette question devrait être tranchée par un référendum national.

En matière d'élimination des déchets radioactifs, la Société coopérative nationale suisse pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra) a officiellement soumis en 2024 à l'Office fédéral suisse de l'énergie une demande de permis général pour le dépôt géologique en profondeur et l'installation de conditionnement des assemblages combustibles. La Nagra avait précédemment proposé de construire le dépôt dans la région de Lägern, au nord du canton de Zurich, et d'exploiter l'installation de conditionnement des assemblages combustibles sur le site du dépôt intermédiaire central existant à Würenlingen, dans le canton d'Argovie.

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