Le Japon prévoit de reconstruire jusqu'à cinq centrales nucléaires mises hors service d'ici les années 2040
Le gouvernement japonais a tenu le 31 juillet une réunion ministérielle sur le nucléaire et a décidé de reconstruire jusqu'à cinq centrales nucléaires mises hors service d'ici les années 2040. Il s'agit de la première fois que le gouvernement japonais fixe un objectif chiffré concernant la reconstruction de centrales nucléaires depuis l'accident de Fukushima Daiichi.

Centrale nucléaire de Mihama de la Kansai Electric Power Company
La Première ministre japonaise, Takaichi Sanae, a déclaré lors de la réunion que, afin de promouvoir régulièrement les investissements dans le nucléaire, son cabinet continuerait à faire progresser la politique nucléaire. Selon les orientations définies lors de la réunion, le Japon prévoit de reconstruire entre 2 et 5 centrales nucléaires d'ici les années 2040, avec une capacité installée d'environ 2,2 à 5,5 millions de kilowatts ; d'ici les années 2050, la reconstruction sera étendue à 11 à 14 centrales, avec une capacité installée d'environ 12,7 à 16 millions de kilowatts.
Le gouvernement japonais prévoit de porter à 20 % la part du nucléaire dans le mix électrique d'ici 2040. En comparaison, cette part n'était que de 9,4 % en 2024. En fixant des objectifs clairs de construction nucléaire à moyen et long terme, le gouvernement japonais entend envoyer un signal au marché concernant les solutions de substitution énergétique, stimuler les investissements correspondants et maintenir la chaîne industrielle nucléaire ainsi que la base de talents spécialisés.
Après l'accident de Fukushima Daiichi en 2011, le gouvernement japonais avait déclaré vouloir « réduire autant que possible la dépendance au nucléaire ». Cependant, dans le Plan de base sur l'énergie adopté en février 2025, cette formulation a été supprimée, et le gouvernement a explicitement opté pour une « utilisation maximale » du nucléaire, montrant que sa politique énergétique renforce à nouveau le rôle du nucléaire.
Toutefois, la reconstruction des centrales nucléaires reste confrontée à de multiples défis. Après l'accident de Fukushima, les exigences de sûreté nucléaire au Japon ont été renforcées, et les coûts des mesures de sûreté correspondantes n'ont cessé d'augmenter ; parallèlement, l'inflation a fait grimper les coûts de construction. Pour les réacteurs de nouvelle génération, qui constituent une priorité de la reconstruction, il faudra compter entre 10 et 20 ans entre les études préliminaires et la mise en service commercial. Depuis le grand séisme de l'est du Japon, les gouvernements locaux et les riverains se montrent également plus prudents quant aux projets nucléaires, et la réalisation de ces objectifs dans les délais prévus reste incertaine.
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