Le Parlement portugais invité à évaluer la faisabilité des petits réacteurs modulaires dans le pays

Le Parlement portugais a reçu le 30 juillet un projet de résolution recommandant au gouvernement d'adopter une position favorable à l'énergie nucléaire et de lancer une évaluation de la faisabilité de l'utilisation de petits réacteurs modulaires dans le pays. Le projet souligne que, dans le contexte du conflit russo-ukrainien, des conflits successifs au Moyen-Orient et de la vulnérabilité croissante des routes d'approvisionnement internationales, la sécurité énergétique n'est plus seulement une question économique ou environnementale, mais un élément central de la souveraineté nationale et de l'autonomie stratégique. Le Portugal ne devrait pas exclure par idéologie toute technologie à faible émission de carbone sans étude objective préalable.

Le projet de résolution indique que la politique énergétique actuelle du Portugal devrait concilier sécurité d'approvisionnement, compétitivité économique, protection des consommateurs et objectifs de réduction des émissions, sans exclure a priori aucune technologie contribuant à ces objectifs, ni subordonner les décisions nationales aux choix ou préjugés doctrinaux d'autres pays. Le projet défend que « soutenir l'énergie nucléaire » signifie reconnaître sa légitimité bas carbone, soutenir la recherche et l'innovation nucléaires, et reconnaître sa complémentarité avec les énergies renouvelables ; même si l'évaluation finale conclut que la construction de réacteurs sur le territoire national n'est pas techniquement ou économiquement appropriée, cette conclusion devrait découler d'une recherche solide plutôt que d'un rejet préconçu. À l'inverse, si les SMR s'avèrent viables, le Portugal devrait participer aux décisions européennes, suivre les évolutions technologiques et évaluer de manière transparente toutes les options visant à renforcer la souveraineté énergétique.

Il s'agit d'une nouvelle initiative visant à inscrire les SMR à l'ordre du jour officiel du Parlement, depuis que le Portugal a fermé en 2004 son premier et unique réacteur de recherche et a longtemps évité les discussions sur le nucléaire au niveau public. Le projet de résolution n'autorise pas la construction de réacteurs et n'a qu'une valeur de recommandation, mais il fait de l'« étude de faisabilité des SMR » une obligation gouvernementale, en écho aux pressions climatiques et d'approvisionnement qui pèsent sur l'Europe occidentale, notamment la controverse sur la prolongation de la centrale d'Almaraz en Espagne, la relance d'EDF en France et les arrêts de réacteurs liés aux vagues de chaleur en Europe centrale et orientale ; si le gouvernement donne suite, cela pourrait conduire l'Agence portugaise de l'environnement et les autorités de sûreté nucléaire à répondre pour la première fois par écrit sur le cadre réglementaire des SMR, faisant ainsi passer le pays d'un « vide juridique nucléaire » à une « phase de pré-étude ».

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