Un think tank britannique appelle à clarifier la feuille de route technologique des réacteurs nucléaires pour soutenir l'expansion du nucléaire
Le 8 septembre 2026, le think tank britannique Policy Exchange a publié un livre blanc indiquant que le gouvernement britannique doit clarifier davantage sur quelles technologies de réacteurs nucléaires il s'appuiera pour promouvoir ce qu'il appelle l'« âge d'or » du nucléaire, et renforcer la chaîne d'approvisionnement et réaliser des économies d'échelle grâce à une construction en série.

La Commission des entreprises nucléaires de Policy Exchange est composée d'experts issus du gouvernement, de l'industrie et du monde universitaire. La Commission estime que la stratégie britannique en matière de nucléaire civil se trouve à une étape cruciale, et que les décisions prises influenceront le système énergétique du pays pour les décennies à venir.
Le livre blanc souligne qu'étant donné que les technologies de petits réacteurs modulaires de nouvelle génération en sont encore à un stade précoce de développement, le gouvernement britannique devrait conserver l'option de construire une grande centrale nucléaire supplémentaire d'ici 2030. Parallèlement, le Royaume-Uni dispose de développeurs nationaux crédibles et d'une base manufacturière solide pouvant soutenir le développement du programme de petits réacteurs modulaires, mais ce programme devra atteindre une certaine échelle pour être compétitif sur le marché international et économiquement viable.
La Commission estime que le gouvernement britannique doit déterminer quelles technologies conviennent le mieux aux besoins du pays, tout en reconnaissant que d'autres grandes économies mènent leurs programmes nucléaires avec une plus grande cohérence et un mode de construction en série. Le livre blanc affirme que si le Royaume-Uni adopte une approche de type « laisser fleurir cent fleurs », cela pourrait affaiblir les effets réels de réduction des coûts par l'innovation.
Le livre blanc recommande au gouvernement britannique de s'engager en faveur d'une construction en série pour les nouvelles technologies nucléaires et de préciser, dans son plan de déploiement révisé, les choix technologiques clés qu'il juge capables de soutenir cette approche.
Selon les données de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le Royaume-Uni compte actuellement 9 centrales nucléaires commerciales, dont la production représente environ 11 % de la production totale d'électricité du pays. Hormis la centrale de Sizewell B, dont la prolongation de durée de vie jusqu'en 2055 a récemment été approuvée, les réacteurs nucléaires existants du Royaume-Uni devraient être progressivement mis à l'arrêt d'ici 2030. Le Royaume-Uni prévoit également la construction de deux nouvelles tranches à la centrale de Sizewell C, tandis que deux tranches de la centrale de Hinkley Point C sont en cours de construction.
Le gouvernement britannique a proposé de porter la capacité nucléaire installée à 24 gigawatts d'ici 2050, soit environ quatre fois le niveau actuel, les petits réacteurs modulaires faisant partie intégrante de la réalisation de cet objectif.
La Commission souligne que les conceptions de réacteurs actuellement disponibles sont nombreuses, mais présentent des niveaux de maturité sensiblement différents, ainsi que des besoins en combustible, des conditions de chaîne d'approvisionnement et des impacts industriels variés. Pour le livre blanc, cela constitue pour le Royaume-Uni un « problème de choix », et non une solution automatique à ses difficultés de déploiement nucléaire.
Le livre blanc estime que les réacteurs à haute température refroidis au gaz et les réacteurs à sels fondus présentent une forte adéquation avec les objectifs de décarbonation industrielle du Royaume-Uni. Toutefois, la Commission avertit que le Royaume-Uni risque de prendre du retard sur les pays ayant déjà investi dans des projets de démonstration. Pour faire face à ce risque, le Royaume-Uni doit proposer un programme plus clairement ciblé et participer à la définition des normes mondiales grâce à l'innovation réglementaire et au financement de la recherche et du développement.
Le livre blanc indique également que les réacteurs avancés à neutrons rapides présentent une valeur stratégique à long terme pour le Royaume-Uni. Le pays dispose d'un stock de plutonium important, et les réacteurs à neutrons rapides pourraient offrir une voie pour convertir ces déchets en combustible utilisable tout en réduisant la charge liée à leur gestion. Toutefois, le Royaume-Uni devra évaluer sa capacité à supporter les risques associés.
La Commission indique que les réacteurs à neutrons rapides nécessitent d'importants investissements à risque et exigent un niveau plus élevé de coopération internationale. Le Royaume-Uni doit décider s'il les considère comme un actif stratégique national ou s'il s'appuie sur des partenaires internationaux pour fournir des solutions de cycle du combustible à l'avenir.
Le livre blanc recommande également au gouvernement britannique de reconsidérer ses efforts de promotion internationale et diplomatique autour du nucléaire, afin d'influencer les chaînes d'approvisionnement mondiales, les marchés du combustible et les normes internationales. En outre, le gouvernement devra étudier comment mettre en place des mécanismes de financement pour libérer les investissements du secteur privé.
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