Le débat sur la production d'énergie nucléaire au Paraguay s'intensifie : le régulateur soutient la participation du secteur privé
L'Autorité de régulation radiologique et nucléaire du Paraguay (ARRN) a salué l'attitude ouverte manifestée par l'Entreprise nationale d'électricité (ANDE), estimant que permettre ou encourager la participation du secteur privé aux projets de production d'énergie nucléaire ouvrirait de nouvelles perspectives de débat pour la structure énergétique du pays. Cette prise de position indique que le nucléaire n'est plus seulement une vision à long terme sur le plan technique, mais commence à entrer dans l'agenda public de coordination des politiques, des investissements et de la réglementation.

Le Paraguay dépend depuis longtemps de l'énergie hydroélectrique, avec de grands projets comme Itaipu et Yacyretá qui lui confèrent un avantage en matière d'électricité propre. Cependant, avec l'industrialisation du pays, la croissance de la consommation électrique et l'évolution du marché énergétique régional, la dépendance exclusive à l'hydroélectricité est également confrontée à des pressions liées aux variations saisonnières, aux conditions hydrologiques et à l'expansion de la demande à long terme. Dans ce contexte, l'énergie nucléaire est considérée par certaines institutions comme une option complémentaire, notamment en raison de sa valeur potentielle pour la stabilisation de la charge de base, la réduction des émissions de carbone et le renforcement de la sécurité énergétique.
L'attitude positive de l'ARRN signifie également que tout projet nucléaire doit reposer sur des bases strictes en matière de sûreté, de licences, de radioprotection et de normes internationales. L'énergie nucléaire diffère des investissements énergétiques ordinaires : elle implique le contrôle des matières nucléaires, l'évaluation environnementale, les mécanismes d'urgence, la formation du personnel technique et l'articulation avec les systèmes internationaux tels que l'Agence internationale de l'énergie atomique. Par conséquent, même si le secteur privé devient une force motrice, il devra opérer dans le cadre réglementaire national et ne pourra pas déterminer seul le rythme des projets selon une logique purement commerciale.
L'ouverture de l'ANDE à la participation du secteur privé pourrait créer des conditions favorables à l'attraction de technologies, de capitaux et d'expertise externes au Paraguay, d'autant plus que les nouvelles technologies nucléaires comme les petits réacteurs modulaires suscitent un intérêt international croissant ; le Paraguay pourrait également souhaiter participer aux discussions pertinentes à l'avance. Cependant, il reste un long chemin entre les déclarations politiques et la mise en œuvre concrète des projets : les modèles de financement, l'acceptation du public, le choix des sites, la gestion des déchets et la répartition des responsabilités à long terme seront autant de questions à résoudre.
Cette évolution reflète l'extension de la politique énergétique paraguayenne de l'avantage hydroélectrique traditionnel vers une stratégie de diversification. Pour le gouvernement et les autorités de régulation, l'enjeu clé n'est pas seulement de savoir s'il faut introduire l'énergie nucléaire, mais aussi de concevoir, dans le respect de la sûreté, de la transparence décisionnelle et de l'intérêt national, un cadre institutionnel capable d'accueillir la participation des capitaux privés tout en évitant les lacunes réglementaires.
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