Un rapport britannique appelle à reconstruire la capacité de construire des centrales nucléaires dans les délais et le budget impartis
Le think tank britannique Onward a récemment publié un rapport indiquant que si le Royaume-Uni souhaite garantir un approvisionnement en électricité abordable et favoriser une décarbonation profonde de son système énergétique, il doit retrouver sa capacité à construire des projets nucléaires dans les délais et le budget impartis.

Intitulé « Des fondations solides : le plaidoyer pour une électricité bon marché et fiable », ce rapport propose que le Royaume-Uni réoriente sa planification d'un système électrique dominé par les énergies renouvelables vers un mix électrique diversifié combinant nucléaire, renouvelables et gaz, afin que les consommateurs puissent accéder à une électricité abordable en cas de besoin. L'Association de l'industrie nucléaire britannique (NIA) a salué ce rapport, estimant que les questions soulevées sont pertinentes.
Le rapport estime que les sources d'électricité stables, indépendantes des conditions météorologiques, contribuent à réduire les coûts du système électrique britannique, notamment en matière de transport et d'équilibrage du réseau. Selon les calculs du rapport, les coûts cumulés du système électrique britannique pourraient être réduits de 320 milliards de livres sterling entre 2030 et 2050.
Le rapport souligne que la capacité stable du Royaume-Uni — incluant le charbon, le gaz, le nucléaire, l'hydroélectricité et la biomasse — a chuté de près de 40 % depuis son pic de 2010, et que cette tendance ne devrait pas s'inverser à court terme. Environ 80 % de la capacité nucléaire installée actuelle du Royaume-Uni est prévue pour être fermée avant mars 2030 ; par ailleurs, 63 % de la capacité des centrales à cycle combiné au gaz du pays est en service depuis plus de 20 ans.
La trajectoire politique proposée par Onward vise à porter la capacité nucléaire installée du Royaume-Uni à 20 gigawatts d'ici 2050, soit environ 3,4 fois le niveau actuel. Les projets concernés pourraient être financés via le modèle d'actif de base réglementé (RAB), où les revenus du projet sont déterminés par un rendement du capital convenu à l'avance, plutôt que par les prix du marché de gros de l'électricité.
Selon cette trajectoire, la réduction des coûts de construction nucléaire et le raccourcissement des délais de construction devraient devenir une priorité centrale de la politique énergétique du gouvernement britannique, tout en améliorant l'accès aux sites et au raccordement au réseau. Le rapport prévoit qu'à l'horizon 2050, la part du nucléaire dans le mix de production électrique britannique passera d'environ 11 % actuellement à un tiers.
Toutefois, le rapport met également en garde contre les pressions sur les coûts et les incertitudes politiques auxquelles le développement nucléaire est confronté. Il indique qu'idéalement, les grands projets nucléaires devraient être construits dans un marché concurrentiel, mais qu'en raison de l'ampleur des investissements initiaux, de la durée de vie opérationnelle généralement d'au moins 60 ans et des risques liés à d'éventuels changements d'orientation politique future, s'appuyer entièrement sur un marché concurrentiel n'est pas réaliste.
Selon les calculs du rapport, sur la base des prix de 2025, le coût de production des nouvelles grandes centrales nucléaires mises en service dans les années 2040 pourrait atteindre entre 122 et 138 livres sterling par mégawattheure. Le rapport estime que pour tirer pleinement parti de cette trajectoire politique, le Royaume-Uni doit réduire les coûts de construction nucléaire, mettre intégralement en œuvre les recommandations de l'examen Fingleton de 2025 et améliorer les mécanismes d'incitation à la livraison des projets dans les délais et le budget impartis.
L'examen Fingleton avait souligné qu'en raison de procédures environnementales, de sûreté et administratives trop complexes et d'une exécution sujette à des erreurs d'interprétation, le Royaume-Uni était devenu le pays le plus coûteux au monde pour la construction de centrales nucléaires.
Le rapport conclut que la réduction des coûts de livraison du nucléaire ne concerne pas seulement la croissance économique, mais influencera également le processus plus large d'électrification. Si les coûts du nucléaire diminuent plus rapidement, les pompes à chaleur et les véhicules électriques deviendront plus attractifs pour les consommateurs, contribuant ainsi à décarboner davantage de secteurs tout en réduisant les obstacles concrets. L'accélération de la construction nucléaire permettrait également de remplacer la production au gaz plus rapidement que la trajectoire établie, réduisant ainsi davantage les émissions résiduelles du secteur électrique.
Le rapport mentionne également que la centrale nucléaire de Sizewell B est la première et actuellement la seule tranche nucléaire à réacteur à eau pressurisée en exploitation au Royaume-Uni, construite dans les délais et le budget impartis en 1995. Le rapport affirme que cette capacité de construction nucléaire doit être retrouvée.
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