La Thaïlande prévoit d'intégrer les petits réacteurs modulaires dans son plan électrique, avec un objectif de 9 GW de capacité installée d'ici 2050
Le nouveau projet de Plan de développement de l'électricité (PDP) de la Thaïlande devrait être publié en septembre et entrer en phase de consultation publique. Les quatre scénarios d'approvisionnement électrique en cours de discussion intègrent tous les petits réacteurs modulaires (PRM) et les systèmes de stockage d'énergie à grande échelle, avec une période de planification couvrant 2026 à 2050.

Selon les hypothèses du projet, la Thaïlande prévoit de raccorder son premier petit réacteur modulaire de 300 MW au réseau électrique national en 2037, et d'atteindre une capacité nucléaire installée de 9 000 MW d'ici 2050. Sur la base d'une puissance unitaire de 300 MW, cet objectif correspond approximativement à une trentaine de réacteurs de taille équivalente, le nombre réel pouvant toutefois varier en fonction des choix technologiques et de l'évolution de la demande électrique.
Les principaux objectifs du nouveau plan incluent la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'augmentation de la part des énergies renouvelables et le maintien des tarifs électriques à un niveau raisonnable. Les quatre scénarios diffèrent en termes de coûts, de structure énergétique et de priorités stratégiques. Le scénario présentant la plus forte proportion d'énergies propres propose d'atteindre 89 % d'énergies propres et 11 % de combustibles fossiles d'ici 2050. En raison du caractère intermittent des énergies renouvelables telles que l'éolien et le solaire photovoltaïque, les quatre scénarios intègrent tous un stockage d'énergie à grande échelle afin de renforcer la stabilité du système électrique.
Le gouvernement thaïlandais étudie également la possibilité de permettre au secteur privé de participer au développement et à l'exploitation des petits réacteurs modulaires, afin d'accélérer la transition énergétique et de soutenir les objectifs de neutralité carbone. Toutefois, certains acteurs du secteur énergétique thaïlandais appellent à la publication des résultats des recherches sur les petits réacteurs modulaires avant la tenue de la consultation publique, notamment en ce qui concerne les coûts des projets, les choix technologiques, la réglementation de sûreté, la gestion des déchets nucléaires, les critères de choix des sites ainsi que les risques à long terme potentiels pour le public.
L'Autorité de production d'électricité de Thaïlande (EGAT) a lancé une étude de faisabilité sur les petits réacteurs modulaires et a élaboré une feuille de route en cinq phases. La première phase consiste en une étude de faisabilité préliminaire couvrant les aspects techniques, économiques, les sites potentiels, les conditions juridiques, les facteurs environnementaux et l'évaluation du risque sismique ; la deuxième phase comprend l'évaluation d'impact environnemental, l'approbation du projet et les permis d'installation ; la troisième phase concerne la construction ; la quatrième phase porte sur la mise en service et l'exploitation ; et la cinquième phase concerne le démantèlement et le déclassement à la fin de la durée de vie de la centrale.
Ekarat Samintarapanya, directeur adjoint de l'EGAT, a déclaré que les petits réacteurs modulaires peuvent produire de l'électricité de manière continue et stable, sans émission de CO₂ pendant leur fonctionnement, et que certaines technologies intègrent des systèmes de sûreté passive. L'EGAT recrute actuellement des consultants pour mener l'étude de faisabilité, et fait progresser la formation du personnel et la communication publique. Les préparatifs devraient s'étendre sur plus de dix ans.
Sur le plan des ressources humaines et de la préparation technologique, l'EGAT a établi une coopération avec les institutions de génie nucléaire de l'Université Chulalongkorn, et mène des échanges avec des entreprises et institutions de Corée du Sud, de Chine, des États-Unis et d'autres pays. Parallèlement, l'EGAT prévoit de collaborer avec l'Office de l'utilisation pacifique de l'énergie atomique, l'Institut national de technologie nucléaire et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) afin de promouvoir la formation des talents nucléaires et le renforcement des capacités.
Ekarat a indiqué que le déploiement des petits réacteurs modulaires en Thaïlande nécessite de remplir plusieurs conditions clés, notamment une politique gouvernementale claire et continue, un cadre juridique et réglementaire complet, des technologies dûment validées, une transparence des projets soumis à un examen international, des réserves de talents suffisantes, ainsi que la compréhension et l'acceptation du public. Après l'achèvement de la consultation publique et la révision du projet, celui-ci sera soumis au Comité national de politique énergétique pour examen, et les procédures devraient être finalisées avant la fin de 2026.
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