Des scientifiques russes développent un test biologique par bactéries luminescentes pour le criblage de doses de rayonnement faibles et sûres pour les animaux

Des chercheurs russes ont mis au point une méthode de test biologique rapide basée sur des bactéries luminescentes, permettant d'évaluer la plage de doses sûres de rayonnement ionisant pour les animaux et offrant un outil de criblage précoce pour les applications de rayonnement à faible dose dans l'élevage.

Cette étude a été réalisée avec la participation de chercheurs de l'Institut de biophysique de la branche sibérienne de l'Académie des sciences de Russie, de l'Université fédérale de Sibérie et de l'Université agraire d'État de Krasnoïarsk. L'équipe de recherche indique que des doses faibles de rayonnement ionisant, de quelques dizaines à quelques centaines de milligrays (mGy), peuvent activer une série de processus physiologiques chez les animaux, notamment le métabolisme, la croissance et l'accumulation de biomasse ; mais si la dose dépasse la plage sûre, elle peut provoquer des troubles physiologiques. Par conséquent, déterminer rapidement et avec précision la dose appropriée est un problème à résoudre avant que la technologie correspondante ne soit mise en application.

Le cœur de cette méthode repose sur la réaction sensible des bactéries marines luminescentes au rayonnement. Les chercheurs ont constaté que l'intensité lumineuse des bactéries change de manière significative en fonction de la dose de rayonnement, ce qui peut servir d'indicateur pour évaluer l'effet du rayonnement. Dans les expériences, les chercheurs ont utilisé de l'eau tritiée comme source de rayonnement et ont comparé les réactions des bactéries luminescentes et des cellules sanguines de lapin au rayonnement.

Les résultats montrent que les variations de l'activité des leucocytes animaux et celles de l'intensité lumineuse des bactéries présentent des tendances similaires : à faible dose de rayonnement, l'activité des leucocytes augmente ; à mesure que la dose de rayonnement augmente, l'activité cellulaire est inhibée. Les chercheurs estiment que cela indique l'existence d'un schéma de réaction commun entre les bactéries et les organismes supérieurs dans les processus cellulaires concernés, et que le test par bactéries luminescentes pourrait devenir un indicateur précoce d'évaluation des risques.

L'équipe de recherche indique que cette technologie pourrait à l'avenir être utilisée pour cribler rapidement les doses de rayonnement sûres et potentiellement stimulantes pour les animaux d'élevage, ainsi que pour la surveillance environnementale et l'étude des conséquences des accidents radiologiques. Cependant, les experts rappellent également que les bactéries et les mammifères présentent des différences en matière de métabolisme et de mécanismes de réparation de l'ADN, et que l'intensité lumineuse peut également être influencée par des facteurs tels que la température, le pH et les conditions de culture. Par conséquent, cette méthode est actuellement plus adaptée comme outil de criblage préliminaire, et la plage de doses déterminée doit encore être validée par des expériences sur cellules animales et des essais ultérieurs.

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